Musée des Arts Contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Adel Abdessemed

Otchi Tchiornie

Le MAC’s débutera le programme de ses expositions en 2018 avec l’un des artistes français les plus en vue dans le monde de l’art contemporain : Adel Abdessemed. Connu pour ses œuvres percutantes  (exemple : sa grande sculpture du « coup de tête » de Zidane lors de la finale du Mondial en 2006…), l’artiste présentera au Grand-Hornu une « exposition-manifeste », constituée d’œuvres principalement nouvelles et réalisées spécifiquement pour le Grand-Hornu. Né en 1971 à Constantine, cet artiste franco-algérien, qui fut d’abord élève à l’École des Beaux-Arts d’Alger, a quitté l’Algérie en 1995 pour poursuivre en France ses études, aux Beaux-Arts de Lyon, avant de partir à New York où il a exposé dès 2001. Éternel exilé, il vit et travaille actuellement à Paris.

Dans ses œuvres, Adel Abdessemed transpose les douleurs du monde, avec son lot de violence, de terreur et d’hypocrisie. Si l’artiste nous bouscule, ce n’est certainement pas pour nous désespérer, mais pour nous rappeler qu’appartenant au monde, étant tragiquement « partie prenante » de sa cruauté, nous avons encore la liberté de choisir entre désillusion morbide et joie d’être en vie. Si ses œuvres nous touchent et frappent notre imagination, c'est aussi parce qu'elles nous proposent des images poétiques qui ne rejettent ni les formes classiques ni la figuration directe, et soumettent à notre interprétation, comme à notre jugement, la violence du monde contemporain sous forme d’allégories. Intitulée Otchi Tchiornie (« Les yeux noirs », en référence à une chanson du répertoire des Chœurs de l’Armée Rouge), l’exposition au Grand-Hornu a été conçue par l’artiste comme un « manifeste » contre la barbarie et pour la liberté, avec l’insolence de celui qui, comme le troubadour « danse sur les braises ». Traversée d’un tapis rouge (symbole du pouvoir officiel) que l’artiste a choisi d’installer tout au long du parcours, l'exposition s’ouvre avec l'image absurde, mais révélatrice de notre désarroi face à la guerre, d’un « pigeon-kamikaze » posé sur un banc public sur lequel l’on hésitera sans doute à s’asseoir. Exploitant également l’antagonisme poétique du charbon (légèreté contre noirceur), lequel a forgé l’histoire contradictoire du Grand-Hornu (entre utopie et misère), l'exposition présente ensuite deux œuvres emblématiques de cette « noirceur légère » qui la caractérise : Soldaten, une impressionnante galerie de dessins, représentant des soldats en uniforme et réalisés au fusain à partir d'images collectées sur le Net, ainsi qu’Otchi Tchiornie, les silhouettes sculptées dans un bois calciné des membres du Chœur de l'Armée rouge, en référence à leur disparition lors du crash de leur avion en 2016, alors qu’ils se rendaient en Syrie. Enfin, le parcours se termine par une évocation poétique et énigmatique d’une sourate du Coran, dite “de la Caverne”, par laquelle Adel Abdessemed reprend un mythe commun au christianisme et à l'islam.


QUELQUES ARTICLES DE PRESSE :

Bazar Magazine.com

LaLibre, Adel Abdessemed l'attaque des violences du monde, GuyDuplat, 12 mars 2018

L'Art Même, Otchi Tchiornie, JB Carobolante, Mars 2018

L'Echo, Les yeux noirs d'Adel Abdessemed, Arthur Sente, 3 mars 2018

M le magazine du Monde, Adel Abdessemed, 2 mars 2018

La Libre, Adel Abdessemed l'artiste qui marche sur les braises, Guy Duplat,29 janvier 2018

Institut français

Dans le cadre d’EXTRA, avec le soutien de l’Institut Français et du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Belgique

Inrockuptibles