Musée des Arts Contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Les Abeilles de l'Invisible

Exposition collective

 

Jean-Pierre Bertrand - Maurice Blaussyld - Ricardo Brey - Jean-Marie Bytebier - Thierry De Cordier - Mario Merz - Fabrice Samyn - Sarkis - José María Sicilia - Daniel Turner - Angel Vergara


Inspirée par une métaphore de Rainer Maria Rilke qui rappelait la dimension
spirituelle de la poésie et par la Chambre des pensées de Thierry De Cordier,
l’exposition réunit les oeuvres d’une dizaine d’artistes contemporains autour du vaste thème de l’invisible.


Le choix du commissaire s’est porté en premier sur des pièces inspirées
directement par la pensée mythologique ou mystique, comme les dessins
que Ricardo Brey a consacrés récemment à L’Enfer de Dante, ou encore les
reliquaires en cire dans lesquels le peintre José Maria Sicilia enchâsse des
pages manuscrites du Cantique Spirituel du poète mystique espagnol saint
Jean de la Croix. Parce qu’elle illustre cette recherche de la spiritualité à travers la transformation des métaux, l’alchimie est encore une référence commune à plusieurs oeuvres présentées, à l’instar des sculptures que l’artiste Daniel Turner produit en réduisant en limaille des équipements industriels, ou des tableaux plus chamaniques que le peintre Jean-Pierre Bertrand fabrique en amalgamant ses pigments à du miel, du sel ou du citron. Incarnée par une sculpture en cire de Mario Merz acquise par le MAC’s, la pensée de Joseph Beuys et son utopie du « retour à une nature réenchantée » ne sont pas loin, comme en témoignent ailleurs les sublimes
« aquarelles dans l’eau » de Sarkis, artiste pionnier qui fut l’un des premiers à reconnaître en France la démarche révolutionnaire de l’artiste allemand.


Plus largement, c’est aux origines de l’image que remontent ces artistes
entièrement voués au spirituel, comme en témoignent les icônes de Fabrice
Samyn ou les archétypes de Maurice Blaussyld, comme la croix.


Enfin, l’exposition aurait été inconcevable sans aborder les inextricables
liens entre le visible et l’invisible que tisse, depuis toujours, la peinture et
dont témoignent dans l’exposition les paysages clairs-obscurs de Jean-Marie
Bytebier ainsi que les vidéos-tableaux d’Angel Vergara.