| DITS # 13 : La Poésie |
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Le Musée des Arts Contemporains a consacré le treisième numéro de sa revue DITS au thème de la poésie.
Traiter de poésie au sein d’une revue d’arts plastiques, c’est admettre d’emblée l’élargissement réciproque de deux disciplines dont les relations mutuelles ont été souvent discutées au cours de l’histoire, tant dans le camp de la critique d’art que dans celui de la critique littéraire. Longtemps, de la Renaissance à l’âge classique, ce débat académique porta sur la subordination d’un art à l’autre : la peinture, suivant la doctrine de l’ut pictura poesis, étant idéalement littéraire, et la poésie se faisant nécessairement descriptive. à la naissance du romantisme, cette liaison dangereuse se délita au profit d’une autonomie croissante des deux pratiques, pour atteindre son apogée à la moitié du XXe siècle avec le modernisme doctrinal et antinarratif de CLEMENT GREENBERG. Ce n’est qu’à partir des années 1960 que l’art contemporain, d’abord minimaliste (BRUCE NAUMAN) puis conceptuel (ALLEN RUPPERSBERG), en revint respectivement par la théâtralité et la littéralité à refondre les genres, et que la poésie par la performance sonore (HENRI CHOPIN) et la contrainte mathématique (OULIPO) s’éloigna de l’allégorie et de la fable pour se faire collage, mosaïque, cut-up, puzzle ou surimpression (MARCEL BROODTHAERS). Aujourd’hui, à l’heure du pluridisciplinaire, il ne fait plus aucun doute que la poésie, cette langue privée inventée dans le langage commun (YVES DI MANNO), est aussi l’affaire du cinéaste (CLAUDIO PAZIENZA), du chanteur (ALAIN BASHUNG), du photographe (POL PIERART) ou du flâneur (RAYMOND HAINS). Car il s’agit bien, pour eux comme pour le poète, de lutter contre les stéréotypes et les figures usées qui empoisonnent l’art aussi bien que la vie de tous les jours.
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