Saison 2026 - 2027
Édito
Depuis près de 25 ans, le MACS mène une politique d’exposition et d’acquisition orientée, parallèlement à son intérêt pour la scène artistique internationale, vers la découverte et la mise en valeur d’artistes œuvrant en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le programme de notre nouvelle saison affiche ainsi cette volonté en proposant à celles et ceux qui ne les auraient pas encore visitées depuis leurs ouvertures cet été, les expositions Aux choses mêmes et Le Regard éloigné consacrées respectivement à la sculpture de Lucia Bru et à la collection du Musée avec des œuvres e. a. de Johan Muyle, Marcel Berlanger, Emmanuelle Quertain, Michaël Matthys, Olivia Hernaïz, Alexis Gautier et Jot Fau.
Se focalisant sur la génération d’artistes issue des années 1980, le Musée a également choisi de s’associer au Botanique afin de présenter, fin 2026, les œuvres d’une quinzaine d’artistes issus de la FWB. Intitulée Un équilibre temporaire, cette exposition conçue par Jérôme André et Grégory Thirion aborde notamment le thème de l’instabilité : notion apte à se représenter un monde qui cumule désormais toutes les crises (politiques, économiques, énergétiques, climatiques, sanitaires…).
Au printemps, cette programmation se poursuivra également avec Lady Mechanic, la monographie consacrée à la peinture figurative et percutante de Charlotte Beaudry, une artiste pleinement accomplie dont le répertoire s’étend de la culture post-punk au paysage urbain en passant par l’érotisme ou les gender studies.
Ouvert à la scène internationale et à l’art transdisciplinaire, le MACS accueille enfin deux projets axés sur la danse : Belle-Île du duo Anne Teresa De Keersmaeker & Steven Fillet et Why Dont’ You Dance ? de l’artiste iranienne Hannah Darabi, respectivement en ouverture et clôture de la saison.
Émaillé de plusieurs représentations du nouveau solo Amnesia que la danseuse belge a créé spécialement pour la longue salle du MACS, le premier est le fruit d’une lente « danse-dessin » performée en plein air par les deux artistes au bord d’une falaise à Belle-Île-en-Mer, au large de la Bretagne, en 2024.
Quant au second, il présente, par le biais de photographies documentaires, de montages d’archives et de vidéos-performances, cet extraordinaire moyen d’émancipation individuelle et de résistance collective que constitue la danse populaire dans la société iranienne, avec un étonnant détour par sa diaspora à Los Angeles et ses mythiques soirées du Cabaret Tehran.
Qu’il s’agisse de l’altérité dans l’exposition Le Regard éloigné, de l’écologie dans la danse d’Anne Teresa De Keersmaeker face à l’océan, des crises systémiques évoquées par les commissaires de l’exposition Un équilibre temporaire, de la posture féministe de Lady Mechanic ou du projet d’Hannah Darabi inspiré par les protestations en 2022 du mouvement Femme, Vie, Liberté en Iran, la programmation de notre saison rappelle – on le voit – à quel point les artistes intègrent à leurs pratiques les questions à tout le moins interpellantes d’un monde menacé par la résurgence des obscurantismes aussi bien religieux qu’économiques.
Denis Gielen
Directeur du MACS